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"Qu'un mouvement politique choisisse pour se qualifier le seul terme de démocrate peut sembler étrange.
Qui aujourdh'ui ne se proclame pas démocrate ? Tout le monde se dit démocrate ! et, à l'exception d'extrêmes marginalisées, nul n'envisage de remettre en cause les principes de la démocratie. Alors quel sens y-a-t-il à se revendiquer aujourd'hui de démocrate et seulement démocrate ?
Quel sens y-a-t-il à promouvoir un weblog qui se donne pour vocation d'être un lieu où vive et se développe cet esprit démocratique ?
La démocratie n'est pas inscrite une fois pour toute dans la constitution comme un acquis sur lequel on ne reviendrait plus et qui ne court aucun péril. La démocratie est avant tout une pratique qui n'existe que dans la mesure où elle se concrétise et ce, à tous les niveaux de la vie publique, du plus haut, celui de l'Etat, au plus modeste comme peut l'être une association de quartier ou une personne. Et cette pratique est à risque. Le risque est la lassitude, le sentiment d'impuissance qui envahit le citoyen lorsque le pouvoir lui semble confisqué.
Dans son contrat social, Rousseau notait que le peuple anglais pensait être libre, mais qu'il ne l'était que le jour de l'élection de ses représentants et "sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien". Pour nous démocrates, le citoyen n'a pas vocation à être libre seulement les rares dimanche où il est appelé à se rendre aux urnes, pour sombrer ensuite dans une douce léthargie bercée par la petite musique de la communication orchestrée par le pouvoir en place. Pour nous démocrates, la démocratie doit être ce pouvoir qui rend le pouvoir aux citoyens plutôt que de l'accaparer, qui le leur rend non pour ne pas l'assumer, mais pour en l'assumant pouvoir travailler à donner à la démocratie toutes les extansions qui sont rendues possibles dans un contexte déterminé.
Cela suppose de rendre toujours plus parfaite notre démocratie qui est toujours perfectible.
Le juriste italien Norberto Bobbio avait identifié ce qu'il définissait comme "les paradoxes de la démocratie" ou "les promesses non tenus de la démocratie" c'est-à-dire les défis que toute démocratie doit relever sous peine de s'éteindre à petit feu dans la pratique des citoyens tant se creuserait le gouffre entre les promesses de la démocratie et la démocratie réelle.
Le premier paradoxe naît de l'importance prise dans la démocratie par les groupes sociaux, asociation, partis politiques qui deviennent les véritables acteurs politiques en lieu et place du citoyen. Le pouvoir est ainsi distribué en fonction de la capacité d'influence (ou de nuisance) de certains groupes et non répartis également entre les citoyens.
De ce fait, la représentation politique se transforme de plus en plus en une représentation d'intérêts, illustrée par la discipline des partis. La solution n'est pas de supprimer les corps intermédiaires, comme le voulait la loi Le Chapelier, inspirée par les considérations de Rousseau sur les sociétés partielles : ce serait anti-démocratique au possible et la lutte syndicale pour obtenir le droit d'associationa été au contraire une grande conquête démocratique.
Les corps intermédiaires, sous la forme des associations de citoyens, des mouvements civiques, ont toute leur place dans la vie démocratique. Cependant, un corps intermédiaire quelqu'il soit, même majoritaire, ne peut monopoliser à son seul profit et durablement l'ensemble de la vie démocratique, il est impératif que les corps intermédiaires s'équilibrent par leur diversité.
Le pluralisme n'est pas seulement un fait, il représente avant tout une valeur dans la démocratie, et il n'y a pluralisme que lorsque les diverses expressions des intérêts et des idées politiques des citoyens s'expriment et s'équilibrent pour former une volonté commune.
Sinon, on aboutit à ce que N. Bobbio qualifie de système "non-corporatif" : l' Etat ne sert plus que de médiateur entre les partenaires sociaux. Il n'exprime plus une volonté commune, mais arbitre entre les intérêts des plus puissants et les moins puissants, qui sont aussi ceux qui auraient le plus besoin de se faire entendre, sont rejetés à la marge. Ce n'est pas inutilement que notre Constitution rejette la notion de "mandat impératif". Assumer le pouvoir, gérer le pouvoir ce n'est pas se l'approprier, c'est justement le rendre en donnant voix et expression à toute la diversité de la nation. La troisième promesse non tenue de la démocratie réside dans le rôle persistant des élites et l'incapacité de la vie démocratique à se traduire dans tous les espacs de pouvoir, notamment l'espace des pouvoirs économiques. Pour savoir si un pays est démocratique, il ne s'agit pas seulement de se demander qui vote, mais où l'on vote, quels sont les espaces dans lesquels la démocratie peut s'exprimer (entreprise, l'école, l'hôpital...). Il existe bien des lieux que la démocratie aurait encore à conquérir. Et c'est le rôle du pouvoir que d'aider l'émergence de ces nombreux espaces de démocratie.
Autre promesse non tenue de la démocratie l'élimination des pouvoirs occultes qui manipulent à leur profit les décisions du pouvoir, ce qui suppose un contrôle public des liens entre pouvoir politique, pouvoir économique et médiatique pour éviter les continuels renvois d'ascenseur de l'un à l'autre, alors que le citoyen, sans poids économique ni médiatique, monte toujours tous ses étages à pied ! Enfin la démocratie ne peut négliger l'éducation à la citoyenneté sous la forme de la diffusion d'une culture politique : cela suppose une information libre et objective du citoyen. Seule, cette éducation à la citoyenneté peut permettre de contrer la décrive croissante de la démocratie vers la technocratie : le, pouvoir confié non plus aux citoyens, mais à l'expert. Or, l'expert peut nous dire par ex comment on construit une centrale nucléaire, il ne peut pas nous dire à notre place si nous souhaitons ou non la construire.
L'éducation à la citoyenneté ne peut se faire que par la pratique de cette citoyenneté et les citoyens participeront si et seulement leur participation n'est pas seulement une mascarade de démocratie, comme bien de ces consultations qui on lieu une fois que la décision est déjà irrévocablement prise. Notre démocratie est donc imparfaite et toujours perfectible.
C'est pour cela qu'être démocrate a un sens. Etre démocrate c'est oeuvrer à rendre notre démocratie toujours moins imparfaite, c'est oeuvrer pour une démocratie toujours plus ouverte sur la société dans toute sa diversité. Etre démocrate signifie donc travailler à étendre la démocratie c'est-à-dire la garantie effective des droits dans la vie concrète des citoyens indissociables de l'accomplissement effectif de leurs devoirs. Etre démocrate, c'est aussi vivre et agir dans l'horizon de valeurs.
Quelles sont les valeurs de la démocratie ? Dans un ouvrage intitulé "Ethique et politique", le philosophe Salvatore Veca identifie cinq valeurs qui sont à ses yeux constitutives de la démocratie :
1) l'intégration (ou l'intégrité) : la démocratie est un régime qui au moyen de la représentation parlementaire parvient à des décisions qui sont toujours des compromis intégrant les différentes composantes de l'opinion et de la société. Une véritable démocratie doit jouer pour ce rôle intégrant. Le devoir d'une démocratie c'est de représenter ceux qui ne survivraient pas et de faire valoir leur droit égal à survivre et à survivre dignement dans le cadre d'une économie de marché.
2) l'efficacité : le démocrate édite des règles permettant de déterminer qui décide et sur quoi. La compétition pour la domination politique doit porter sur l'idée d'un bien public.
3) l'adéquation : la démocratie est parcourue par une coupure entre son idéal et sa réalité, coupure qui peut-être plus ou moins grande. Cette distance est mesurable selon le degré de confiance dont les gouvernants jouissent auprès des gouvernés. Il ne s'agit pas que la rue gouverne mais la défiance est l'indice du fait que la procédure qui a présidé à la décision n'a pas pris suffisamment en compte l'expression des citoyens, leurs doutes, leurs inquiètudes. Si les citoyens sont associés à une réflexion collective qui aboutit à une décision, quelle que soit la décision, il ne peut y avoir mécontentement de se retrouver dans la minorité et de n'avoir pu faire prévaloir son opinion, mais il n'y a pas de défiance, c'est-à-dire le soupçon que cette décision ne reflète que l'intérêt d'un groupe restreint au détriment de celui d'un assemblée de citoyens.
4° Le pluralisme : le pluralisme n'est pas simplement un fait, la constatation que les hommes divergent dans leurs opinions. Dans une démocratie, le pluralisme est une valeur. En d'autres termes, une démocratie doit faire en sorte que le pluralisme puisse vivre et s'exprimer. Sinon, la démocratie devient une monocratie, une oligarchie comme dans certaines communes.
5° L'égalité : les différenciations, qui existent nécessairement entre les hommes et les groupes sociaux, doivent être l'objet d'un accord dans le cadre du pluralisme. Il ne s'agit pas de vouloir gommer les différences ou les inégalités. Ces inégalités qui tournent à l'avantage du plus grand nombre doivent être favorisées. Par contre toutes les inégalités ne tournent pas au bénéfice de tous, certaines même tournent au désavantage de tous : que les lois soient aussi clémentes envers les entreprises polluantes tourne au désavantage de tous les citoyens obligés de respirer un air pollué avec tous les problèmes de santé que cela entraîne. Il s'agit donc de réfléchir sur les inégalités compatibles ou non avec la démocratie.
Je voudrais rajouter une autre valeur qui me semble authentiquement démocrate : celle de l'ouverture à décliner dans tous les domaines : une démocratie ouverte au niveau des institutions, c'est une démocratie qui ne monopolise pas le pouvoir, mais qui a à coeur de faire vivre ses propres contre-pouvoirs. Ces valeurs démocratiques ne peuvent pas se décréter autoritairement. Pour leur donner vie, il faut les rendre concrètes, réfléchir sur les limites et les modalités de leur mise en pratique. Et cela ne peut se faire que par le débat et la participation active des citoyens.
La démocratie me dit que les citoyens doivent voter mais elle ne dit pas à partir de quel âge. La démocratie me dit que la liberté ne doit pas être une liberté de mourir de faim, mais elle ne dit pas quelles mesures économiques sont les plus aptes pour obtenir des meilleures conditions de vie pour tous. C'est de tout cela dont nous devons débattre ensemble".
EVELYNE BUISSIERE.
Les vrais démocrates seront se reconnaître dans ce très beau texte. Je peux vous assurer que je n'ai pas rencontré en tant qu'élue de base (1983 - 2007) dans mes fonctions passées et récentes, DE DEMOCRATES.
Des républicains OUI, des démocrates NON.
Je serai excessivement attentive à vous replacer au coeur du département et de mon action, je serai la voix des Fidésiens et des Mulatins.
Michelle Genet.
Maire Adjointe Ste Foy-lès-Lyon (Rhône)
LE 29 décembre 2007
Véritable philosophie à proposer à l'analyse d'une personne qui se dit "être démocrate" ! Membre minoritaire d'un Conseil syndical qui refuse toute concertation, elle endosse cet argument inadapté et facile, pour répondre aux copropriétaires qui l'interrogent sur les raisons de son laxisme! Qu'elle exige pour le moins, qu'il soit fait état par écrit, de son opposition à tel projet, sur le PV affiché théoriquement après toute réunion ! C'est le moins que l'on puisse exiger d'un élu !
Rédigé par : Louis AUBIN | samedi 18 juil 2009 à 11h38
Démocratie :elle ne s'invente pas ,elle se construit .
Pour se construire il faut que les individus soient "INSTRUITS"(former l'esprit).
Cette instruction commence à l'école qui est un merveilleux" lieu de vie "où la démocratie peut devenir réalité dans un contexte limité ,je dirais même fermé .C'est un garant de réussite .
Le seul danger réside dans le risque de"manipulation".Mais si les partenaires sont nombreux ,alors ce risque est inexistant .
Je reste persuadée que la véritable DEMOCRATIE pourrait s'apprendre et commençait à l'ECOLE .
AMICALEMENT
PAULE
Rédigé par : PAULE PUIGSERVER GERVOIS | samedi 26 juil 2008 à 18h29
Je suis une citoyenne, militante UDF-Mouvement Démocrate déçue par les manigances politiciennes actuelles. Je suis engagées au conseil de quartier de ma ville. Je soutiens François Bayrou qui est un homme qui est devenu un vrai démocrate. A Seignosse il l'a dit: > et > et encore > ce qui est le moteur même de la société des êtres humains qui marchent ensemble. Alors si nous marchons ensemble Madame Genet marchons! Je suis des vôtres, marchons! Et Merci pour la possibilité de faire connaître plus largement mes idées et celles trop méconnues de François Bayrou. Lucie
Rédigé par : Kauss | vendredi 23 nov 2007 à 19h07
La république a fait beaucoup de dégâts et ne veut plus dire grand chose à mes yeux si les êtres qui la dirigent sont des tirans bolchéviques ou extrémistes ou tout simplement des hommes imbus de pouvoir. La Démocratie par contre me parle beaucoup. Au creux de l'oreille, elle me glisse les mots délicieux de partage et de transparence, d'égalité et de respect entre les citoyens, de fraternité et de sororité pour l'équilibre dans la représentation nationale, de fédération pour respecter et vivre la diversité dans la dignité et encore bien d'autres valeurs sur des bases humaines, pour que le vivre ensemble devienne plus doux à supporter, plus joyeux au quotidien pour tous. Merci Madame Genet d'entr'ouvrir cette porte et de nous permettre de la pousser. Capucine.
Rédigé par : Capucine | mardi 20 nov 2007 à 11h41